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La transparence carbone, outil clé pour un numérique soutenable

Aktio a participé aux travaux de l'ARCEP sur le rapport "Pour un numérique soutenable" .
Nous partageons ici notre contribution sur le thème de la transparence carbone.

Le numérique représente environ 4% des émissions de gaz à effet de serre , l’ordre de grandeur commence à être connu.

Mais tout est dans le “environ” : estimer cet impact est rendu complexe par la technicité des produits, la complexité des chaînes de valeur, des réseaux et des usages. Si l’on souhaite être plus précis dans l’évaluation de cette empreinte carbone, par exemple pour calculer des indicateurs parlant pour le grand public, alors le manque de données fines et spécifiques rend l’exercice difficile :

  • 1h de streaming en HD ? Entre 18 et 400 gCO2eq selon les études et les pays…
  • 1h sur les réseaux sociaux ? Il faut d’abord savoir quels réseaux, sur quel appareil, et avec quelle connectivité (WiFi, Ethernet, xDSL, Fttx, 3G, 4G…)

Chaque résultat nécessite de nombreuses hypothèses, et les batailles de chiffres risquent de décrédibiliser les efforts de toute l’industrie.

Il est clair qu’une information fiable sur l’empreinte carbone ne suffira pas à la réduire : ce sont surtout la sobriété des usages, l’éco-conception, le rythme de renouvellement des équipements qui feront la différence.
Mais sans cette information, impossible de hiérarchiser efficacement nos décisions, en tant que consommateurs et acteurs de la chaîne de valeur du numérique.

Avec la loi pour l’économie circulaire, les opérateurs télécoms devront indiquer à leur clients l’impact carbone de leurs usages, dès janvier 2022. Il s’agit d’une mesure importante qui va dans le bon sens, et nous portons deux propositions pour permettre sa mise en oeuvre effective, et aller plus loin :

(1) Publier l’ensemble des hypothèses et le détail des analyses de cycle de vie (ACV) des produits et équipements numériques.

La réglementation actuelle permet de disposer d’un chiffre “brut”, par exemple, “un iPhone 12 Pro 128Gb représente 75 kgCO2eq sur l'ensemble de sa durée de vie" . Pour comprendre et agir sur l’impact du numérique, c’est l’ensemble du calcul aboutissant au résultat qui doit être public, avec les hypothèses sur la logistique, la consommation lors des phases d’usage et les modalités de fin de vie et de recyclage. Cette publication devrait idéalement se faire via des API afin de faciliter l’émergence d’outils exploitant ces données.

(2) Rendre obligatoire la publication du bilan carbone annuel des entreprises du numérique sur l’ensemble de leurs émissions directes et indirectes, et du plan d’action associé.

Le bilan carbone n’est obligatoire que pour les entreprises de plus de 500 salariés, tous les 4 ans. Étendre son application aux PME permettra à tous les acteurs du secteur de partager ce référentiel, et l’annualiser permettra d’être synchronisé avec les processus de décisions des entreprises, notamment budgétaires. Une des difficultés de l’exercice est l’évaluation des émissions indirectes, notamment le transport, les achats et l’usage en aval. Disposer d’ACV et de bilans carbone détaillés de tous les acteurs permettra de pallier le manque de données. Nous avons la chance d’avoir de grands groupes historiques et une nouvelle génération d’entreprises numériques en forte croissance, qui pourront ensemble pousser tout l’écosystème vers plus de transparence.


Avec la transparence carbone, consommateurs et entreprises pourront, chacun à leur niveau, contribuer à réduire l’empreinte du numérique, qui est un formidable outil pour aider à décarboner l’ensemble des autres secteurs.

Sans transparence carbone, le numérique responsable ne sera pas, et il nous le faut pour réussir notre transition écologique !

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