
Les Monuments Nationaux veillent sur une centaine de monuments parmi les plus emblématiques du patrimoine français, du Panthéon au Mont-Saint-Michel, de l'Arc de Triomphe à l'Hôtel de la Marine.
Établissement public sous tutelle du ministère de la Culture, il conjugue une mission de conservation exigeante avec l'accueil de plusieurs millions de visiteurs chaque année. Un modèle qui pose une question directe : comment mesurer, puis piloter, l'empreinte environnementale d'une activité aussi diffuse, répartie sur des dizaines de sites et soumise à de fortes variations de fréquentation ?
L'engagement environnemental des Monuments Nationaux s'inscrit dans un cadre exigeant. En tant qu'opérateur public dépassant les seuils réglementaires, l'établissement est tenu de publier son bilan carbone. Au-delà de la conformité, l'ambition est claire : faire de la mesure carbone un instrument de décision, et non un simple rapport.
Un premier bilan carbone a été réalisé en 2023 sur l’année 2022. S'il fournissait des résultats consolidés, il offrait une visibilité limitée sur le détail des calculs et notamment les facteurs d’émissions appliqués pour chaque sous-activité au sein d’une même catégorie - ce qui restreignait la compréhension des postes d’émission et donc la capacité à orienter l'action.
« J'avais besoin de bien plus de transparence sur les résultats. Se doter d'une plateforme de pilotage m'est apparu indispensable pour retracer les données d'activité de manière claire et comprendre finement où se situent nos impacts. » explique Gaëlle Cheriaux, Responsable RSO des Monuments Nationaux.
L'objectif était donc de franchir un cap de maturité : passer d'une photographie ponctuelle à un outil de pilotage capable d'alimenter, à terme, une trajectoire de réduction et un plan de transition.
« Nous voulions en faire un véritable outil de pilotage de notre démarche environnementale, avec une plateforme qui permette non seulement de retracer la manière dont le bilan est construit, mais aussi de bâtir notre trajectoire. » ajoute Gaëlle Cheriaux, Responsable RSO des Monuments Nationaux.
C'est cette exigence qui déclenche la recherche d'une plateforme dédiée et le lancement d'un appel d'offres.
Les Monuments Nationaux lancent un appel d'offres et interrogent cinq prestataires, sur la base d'un cahier des charges précis. Plusieurs éléments font la différence en faveur d'Aktio : une expertise reconnue du secteur culturel et du référentiel carbone appliqué aux musées, un accompagnement poussé, et une plateforme ergonomique.
« Il y avait un vrai accompagnement dans la définition du besoin, à un moment où nous ne savions pas encore exactement de quelles fonctionnalités nous avions besoin. » témoigne Gaëlle Cheriaux, Responsable RSO des Monuments Nationaux.
La première étape a consisté à intégrer le bilan 2022 sur la plateforme, l'occasion d'améliorer la collecte, d'interroger les facteurs d'émission et de gagner en traçabilité sur chaque donnée d'activité. Ce travail a posé les bases d'une véritable montée en fiabilité, dont les Monuments Nationaux ont rapidement mesuré la valeur.
« L'exercice a été très riche en enseignements. Nous pouvons retracer la manière dont le bilan est construit, poste par poste, ce qui change tout pour piloter. » affirme Gaëlle Cheriaux, Responsable RSO des Monuments Nationaux.
Cette dynamique a porté ses fruits sur le bilan 2025, mené sur des bases consolidées et finalisé au printemps 2026. Comme dans toute démarche de progrès, des chantiers d'amélioration restent ouverts, notamment sur la qualité et la centralisation de certaines données.
C'est le cas pour des postes structurellement délicats à estimer, comme le déplacement des visiteurs, approché selon une méthodologie proposée par le Ministère de la Culture qui s’appuie sur la répartition des visiteurs en trois catégories : résidents, européens, non-européens.
« C'est une démarche d'amélioration continue : nous affinons les méthodologies et la donnée au fil du temps. L'essentiel, c'est d'avoir les bons ordres de grandeur, et de dire clairement quand la fiabilité est plus faible sur certaines données. » résume Gaëlle Cheriaux, Responsable RSO des Monuments Nationaux
Le bilan 2025 chiffre l'empreinte totale des Monuments Nationaux à 91 208 tCO₂eq. La hiérarchie des postes est nette :
Une surprise ressort de l'exercice : le poids de l'énergie, à 2 603 tCO₂eq, alors même que de nombreux monuments ne sont ni chauffés ni climatisés. L'explication tient notamment aux 21 chaudières au fioul encore en service, très émissives.
Face à un poste « visiteurs » sur lequel l'établissement a peu de prise, un choix stratégique s'impose.
« Nous menons de nombreuses actions pour inciter les visiteurs à avoir recours à des mobilités douces pour venir dans nos monuments : dispositifs d’accueil pour les vélos, mise en place du tarif bas-carbone au château de Carrouges, service de bus à la demande à l’abbaye de Montmajour, partenariats avec la SNCF, Eurostar et les réseaux locaux…. Cependant, nous ne pouvons pas prendre la décision finale pour nos visiteurs et ne pouvons pas mesurer l’impact des dispositifs d’incitation. Nous avons donc bâti notre trajectoire hors visiteurs, sur les postes où nous pouvons agir directement. » explique Gaëlle Cheriaux, Responsable RSO des Monuments Nationaux
La comparaison entre les deux bilans réserve un signal encourageant, précisément sur les postes maîtrisables. Le parc immobilier recule de près de 27 % et le numérique de près de 19 %. En cause : la diminution du nombre des grands chantiers de restauration depuis 2022, cohérente avec la démarche d’“écologie de la conservation” des Monuments Nationaux, qui privilégie l'entretien régulier plutôt que des restaurations lourdes.
Les Monuments Nationaux ont défini leur trajectoire de réduction, mais pas encore le plan de transition qui la concrétisera. La suite consiste précisément à le bâtir, en s'appuyant sur le plan d'action environnemental déjà en place.
Le travail engagé avec Aktio vise à traduire les actions de ce plan en gains d'émissions chiffrés, de sorte qu'il devienne l'ossature même du plan de transition bas-carbone, plutôt que de faire coexister deux documents suivis séparément.
En parallèle, les Monuments Nationaux analysent l'empreinte carbone de ses chantiers de restauration dans le cadre d'un projet de référentiel carbone pour les monuments historiques, et développent le réemploi, aussi bien de ressources patrimoniales que dans la scénographie de ses expositions.
Avoir une plateforme permet de s'approprier le bilan carbone. Aktio rend la lecture des données dynamique et engageante, bien plus qu'un simple rapport.
Gaëlle Cheriaux
Responsable RSO des Monuments Nationaux