
Acteur majeur du tourisme de montagne (Alpe d'Huez, Les 2 Alpes, La Grave), SATA Group opère au cœur d'un environnement en pleine mutation climatique. Face à l'évolution de son modèle économique et aux exigences de la directive CSRD, le groupe a fait le choix de l'anticipation. Accompagné par les équipes du pôle sociétal d'Aktio (Groupe Apave), SATA Group a mené à bien sa première analyse de double matérialité. Un exercice qui, bien au-delà de la conformité, a structuré la vision à long terme de sa direction.
Pour SATA Group, la transition écologique est une réalité opérationnelle quotidienne. Les territoires de montagne sont en effet aux avant-postes du changement climatique. Soumis à un réchauffement deux fois plus rapide que la moyenne nationale, ils font face à une fragilisation de leurs écosystèmes et de leurs ressources.
Conscient que le modèle touristique historique approche de ses limites, le groupe s'engage dès le printemps 2024 dans le parcours de la Convention des Entreprises pour le Climat (CEC). Sa feuille de route est audacieuse : passer d'un modèle « business as usual » à une visée contributive d'ici 10 ans, pour réinventer l'économie d'altitude.
C'est dans cette dynamique d'urgence et d'innovation qu'Alain Mathieu prend la tête de la toute nouvelle Direction RSE en septembre 2024. À court terme, un défi réglementaire de taille l'attend : préparer l'entreprise à l'échéance de la directive européenne CSRD. Pourtant, un rebondissement législatif (la loi Omnibus) suspend soudainement cette obligation pour le groupe. Loin d'y voir un prétexte pour tout stopper, la direction prend une décision forte.
« Même s'il était clair que l'échéance de la CSRD était repoussée pour notre groupe, notre Directeur Général et moi-même étions convaincus qu'il était stratégique de maintenir le cap. Il aurait été contre-productif d'interrompre une démarche aussi structurante » confie Alain Mathieu, Directeur RSE de SATA Group.
La motivation est stratégique. En tant que Société Anonyme d'Économie Mixte (SAEM), la SATA opère via des Délégations de Service Public (DSP). Celles-ci lui imposent près de 500 millions d'euros d'investissements sur 5 ans. Dans le contexte actuel, ces fonds ne peuvent plus se contenter de reconduire les schémas du passé : ils doivent financer la résilience du territoire, la diversification vers un tourisme "quatre saisons" et la protection de la biodiversité.
« Le tout ski tel qu'on l'a connu évolue. Il faut profiter que nos domaines de haute altitude génèrent encore une forte activité pour que le ski d'aujourd'hui puisse financer notre transition vers le modèle de demain » résume Alain Mathieu, Directeur RSE de SATA Group.
L'analyse de double matérialité s'est donc imposée, non pas comme un exercice de conformité, mais comme une boussole pour garantir la pérennité du groupe face au défi climatique.
Pour mener cette analyse de double matérialité, SATA Group s'est appuyé sur l'expertise d'Aktio (Groupe Apave). Un choix dicté par la nécessité d'allier rigueur méthodologique et connaissance fine du terrain.
« Nous ne sommes pas dans un milieu urbain ni dans une industrie classique. Il était indispensable d'avoir des experts et des expertes qui possédaient déjà une culture montagne » souligne Alain Mathieu, Directeur RSE de SATA Group.
L'accompagnement s'est révélé décisif sur deux axes majeurs :
« Au départ, tout le monde n'était pas convaincu de l'intérêt de la démarche. Mais cet exercice, couplé à l'accélérateur décarbonation (BPIFRANCE, ADEME, MINES PARIS), a véritablement rendu notre CODIR mature sur ces sujets » constate Alain Mathieu, Directeur RSE de SATA Group.
Le travail mené avec Aktio (Groupe Apave) a abouti à une cartographie précise. Sur plus d'une centaine d'Impacts, Risques et Opportunités (IRO) recensés au départ, SATA Group a isolé une vingtaine d'enjeux dits "matériels", c'est-à-dire, les enjeux jugés les plus importants donc prioritaires et critiques pour la pérennité du groupe. Cette sélection finale se décompose en 10 impacts négatifs à atténuer, 5 impacts positifs à valoriser, 3 risques à anticiper et 1 opportunité de croissance.
Concrètement, l'analyse a mis en lumière des sujets critiques qui reflètent la réalité du terrain :
L'exercice a ainsi mis en lumière des sujets critiques, de l'adaptation au changement climatique à la création d'emplois locaux, en passant par la gestion des relations fournisseurs et la sécurité des utilisateurs.
La double matérialité n'est pas une fin en soi pour SATA Group, mais la fondation de ses prochains chantiers. L'année 2026 s'annonce comme une année charnière, marquée par le renouvellement de la Direction Générale et les élections municipales des collectivités territoriales actionnaires (les votes n’ont pas amené de changement dans la gouvernance).
Fort de son analyse de double matérialité, le groupe sait déjà où porter ses efforts :
Quand c'est bien fait, la RSE n'est pas une montagne. Il ne faut pas la voir comme une contrainte réglementaire, mais la concevoir pour le futur de l'entreprise. Pour cela, il est important d'être conseillé par l'extérieur pour prendre le recul nécessaire et faire de cet exercice un véritable outil stratégique.
Alain Mathieu
Directeur RSE de SATA Group