
Le réemploi est-il réellement une solution pour le climat ? Pour Easy Cash, l’intuition ne suffisait plus. Avec 160 magasins et plus de 16 millions de produits échangés chaque année, le leader français de la seconde main savait que son modèle portait une promesse forte - mais encore fallait-il la démontrer, chiffres à l’appui.
Plutôt que de se contenter d’un discours vertueux, Easy Cash a fait un choix structurant : s’appuyer sur la science pour objectiver à la fois son impact négatif et sa contribution positive. Bilan carbone, calcul des émissions évitées, puis structuration d’une trajectoire de décarbonation via la démarche ACT Pas-à-PasⓇ : en quelques années, l’enseigne a franchi plusieurs paliers de maturité climat, accompagnée par Aktio.
« L’idée, c’était d’arrêter de rester sur de l’intuition. On voulait une photo globale, complète, de nos impacts » résume Sophie Monnereau, Directrice RSE d’Easy Cash.
Dès 2021, Easy Cash acquiert une conviction simple mais structurante : on n’améliore que ce que l’on mesure. L’objectif initial n’est pas de répondre à une obligation réglementaire, mais de poser un socle solide pour piloter une stratégie climat crédible.
Le premier bilan carbone permet de dresser un état des lieux précis. Rapidement, un constat s’impose : contrairement aux modèles classiques de retail, le principal poste d’émissions ne se situe pas dans les achats, mais dans les déplacements des clients vers les magasins. Cette singularité est directement liée au modèle d’Easy Cash : l’enseigne achète majoritairement ses produits auprès de particuliers. Résultat, le scope 3 “achats” est mécaniquement moins dominant que dans la distribution traditionnelle. En revanche, la fréquentation physique des magasins devient un enjeu carbone central, largement dépendant des usages et de l’aménagement des territoires.
« Si une zone commerciale n’est pas desservie par les transports en commun, le client vient en voiture. On est très dépendants des politiques de mobilité locales. » explique Sophie Monnereau, Directrice RSE d’Easy Cash.
Ce constat force l'enseigne à repenser son rôle : plus qu'un vendeur, Easy Cash doit devenir un animateur de proximité, capable de maximiser la valeur sociale et environnementale de chaque déplacement (qualité de l’expérience en magasin, services de réparation, click-and-collect, ancrage local).

À ce stade, Easy Cash sait mesurer ce qu’elle émet. Mais son cœur de métier, le réemploi, repose sur une autre promesse : éviter la production de biens neufs. Une contribution positive encore rarement quantifiée de manière robuste.
« Nous étions persuadés d’avoir un impact positif via notre modèle, mais mesurer ses émissions évitées n’est pas du tout clé en main. Il faut tout construire par rapport à son propre scénario. » souligne Sophie Monnereau, Directrice RSE d’Easy Cash.
Contrairement au bilan carbone, le calcul des émissions évitées ne dispose d’aucun référentiel universel. Le risque est double : simplifier à l’excès… ou tomber dans le greenwashing. Easy Cash choisit une autre voie : la rigueur méthodologique. C’est dans ce contexte que l’enseigne se tourne vers Aktio, après avoir identifié leurs travaux de référence sur le sujet. Ensemble, ils construisent un modèle fondé sur des données réelles, issues du terrain.
Au-delà des outils, Easy Cash souligne la dimension humaine de l’accompagnement.
« Ce qui est appréciable avec Aktio, c’est l’apport de connaissances scientifiques et le fait de sans cesse remettre du sens et du pragmatisme au cœur des chiffres. » précise Sophie Monnereau, Directrice RSE d’Easy Cash.
Pour éviter toute approche théorique, Easy Cash et Aktio lancent une enquête nationale auprès de 2 095 clients, acheteurs comme vendeurs, couvrant plusieurs familles de produits (high-tech, biens culturels, maroquinerie, bijoux, etc.).
L’objectif est double :
Trois dimensions structurantes sont intégrées au modèle :
Cet indicateur mesure la capacité réelle d'un achat d'occasion à éviter la production d'un bien neuf. Les résultats montrent que cette substitution n’est pas systématique : seuls 16 % des clients déclarent qu’ils auraient acheté un produit neuf équivalent en l’absence de l’offre Easy Cash.
L’enquête met également en lumière un phénomène central : l’effet rebond, c’est-à-dire les achats non prévus initialement. Chez Easy Cash, 34 % des achats sont considérés comme “ajoutés” : le client n’avait pas l’intention d’acheter ce type de produit avant de le voir en magasin ou en ligne. Ces achats viennent mécaniquement réduire le volume d’émissions réellement évitées, car ils ne remplacent aucune production neuve et induisent donc des émissions supplémentaires.
Enfin, le calcul intègre une règle de prudence essentielle : les émissions ne sont comptabilisées comme évitées que si la durée d’usage cumulée du produit (première + seconde vie) dépasse la durée de vie de référence d’un produit neuf équivalent. Cette approche permet d’écarter les situations où la seconde main accélérerait le renouvellement des équipements, un risque souvent pointé dans les débats sur l’économie circulaire.
L’analyse révèle une forte hétérogénéité entre catégories de produits. Easy Cash opère alors une distinction structurante entre deux réalités souvent confondues :
Cette distinction permet à Easy Cash d’affiner sa stratégie par famille de produits, au lieu d’appliquer une approche uniforme.
« Notre rôle n’est pas le même. Sur la seconde vie, on agit sur la durée de conservation du produit. Sur la seconde main, notre job est de faire circuler le produit le plus efficacement possible. » analyse Sophie Monnereau, Directrice RSE d’Easy Cash.
Autre enseignement clé : les résultats montrent que le high-tech reconditionné constitue l’un des leviers les plus efficaces en matière d’émissions évitées. Un smartphone reconditionné chez Easy Cash génère en moyenne :
5 kg de CO₂e soit 2,6 kg de CO₂e de moins qu’un smartphone reconditionné “moyen” sur le marché français.
Cette performance s’explique principalement par le modèle d’approvisionnement : 80 % des produits sont achetés directement auprès de particuliers, limitant les transports, les intermédiaires et les flux internationaux.
Au global, le modèle Easy Cash permet d’éviter, en 2024 :
Mais l’étude met aussi en évidence une réalité clé : la seconde main est vertueuse par nature, mais son impact est maximisé à certaines conditions. Durée de conservation, effet rebond, type de produit, mode de reconditionnement, logistique : ce sont ces paramètres qui font la différence. Pour Easy Cash, ces résultats marquent un tournant : ils transforment un discours intuitif en outil d’aide à la décision, capable d’orienter le mix produit, les services (réparation, assurance) et les arbitrages stratégiques à long terme.
Une fois les impacts négatifs mesurés et la contribution positive quantifiée, une question s’impose : quel est le chemin pour réduire durablement l’empreinte carbone d’Easy Cash ?
« On avait un état comptable. Il nous manquait le budget. » explique Sophie Monnereau, Directrice RSE d’Easy Cash.
L’enseigne engage alors la démarche ACT Pas-à-PasⓇ pour structurer une stratégie climat crédible, chiffrée et pilotable à long terme. Le diagnostic s’appuie sur un socle déjà solide (bilans carbone successifs, travaux sur les émissions évitées, feuille de route stratégique à horizon 2030 et analyse de double matérialité menée dans le cadre de la CSRD) qu’il vient consolider et enrichir pour bâtir une stratégie climat ambitieuse.

ACT Pas-à-PasⓇ marque un tournant en structurant une véritable stratégie de décarbonation. Celle-ci dépasse la seule logique d’atténuation en intégrant pleinement les enjeux d’adaptation, qui nourrissent la réflexion stratégique et conduisent à faire évoluer et transformer le modèle économique.
« On ne peut pas juste faire la même chose avec moins d’impact. Pour être à la hauteur des enjeux, il faut souvent transformer la façon dont on fait les choses. » indique Sophie Monnereau, Directrice RSE d’Easy Cash.
Cette réflexion ouvre des perspectives nouvelles :
ACT Pas-à-PasⓇ agit ici comme un cadre structurant : il permet de prioriser, de chiffrer, mais aussi de rendre explicites les arbitrages entre performance économique, impact climat et création de valeur à long terme.
Les travaux menés avec Aktio ne restent pas théoriques. Easy Cash les transforme en leviers de décision concrets, à tous les niveaux de l’entreprise.
« Avec ces actions, on touche le client, le dirigeant, l’actionnaire et la capacité financière pour innover. On a réussi à créer un lien direct entre carbone et business. » analyse Sophie Monnereau, Directrice RSE d’Easy Cash.
L'histoire d'Easy Cash prouve qu'en 2026, la performance d'une entreprise ne se lit plus seulement dans ses bénéfices, mais dans sa capacité à régénérer le monde qu'elle habite.
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