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Comment évaluer la rentabilité de la RSE grâce aux bons indicateurs ?

Pendant longtemps, la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) a été perçue comme une simple contrainte ou un simple exercice de communication. Aujourd'hui encore, elle souffre de clichés tenaces, notamment l'idée qu'elle serait avant tout un centre de coûts dont les bénéfices restent flous, difficiles à isoler et à mesurer.

Résumé de l'article

La rentabilité de la RSE repose sur le principe de la double matérialité, introduit par la réglementation européenne CSRD. D’un côté, la matérialité financière permet d'optimiser le compte de résultat (hausse des ventes, baisse des OPEX, réduction des coûts de financement et amélioration des marges). De l'autre, la matérialité d'impact génère une valeur extra-financière pour sécuriser l’avenir de l'entreprise (gestion des risques logistiques, hausse de la productivité par le bien-être, valorisation de l'image de marque et coopétition sectorielle). Piloter cette triple valeur - économique, sociale et environnementale - permet de transformer une contrainte réglementaire en un avantage concurrentiel durable.

La réalité du terrain raconte une toute autre histoire. Les entreprises qui réussissent aujourd'hui ont franchi un cap : elles ont transformé leurs obligations environnementales et sociales en de véritables leviers de création de valeur.

Mais comment passe-t-on de l’intuition aux indicateurs de performance? Comment décoder les mécanismes qui lient directement la transition écologique à la santé financière d’une organisation ?

C'est en décortiquant ces questions que nous avons rassemblé nos meilleures pratiques et indicateurs clés dans un livre blanc dédié. Envie d'aller droit au but ? Découvrez tous les indicateurs à suivre en téléchargeant notre livre blanc Mesurez et boostez la rentabilité de votre démarche RSE.

En attendant de le lire dans son intégralité, voici déjà un avant-goût des mécanismes à l'œuvre.

4 façons de mesurer la performance RSE d’une entreprise

Ce qui fait de la RSE un enjeu particulier, c’est que les coûts sont faciles à mesurer quand on parle de RSE, alors que les bénéfices sont plus difficiles à évaluer. Les dirigeant.e.s semblent avoir intégré cette difficulté puisqu’ils.elles s’attendent à ce que leur politique RSE leur procure des bénéfices extra-financiers avant tout - amélioration de leur image, motivation de leurs employés, etc...

Pourtant, une démarche RSE bien menée peut avoir des effets mesurables sur le plan financier. Voyons comment objectiver ces effets positifs.

Augmentation du chiffre d’affaires

Avant de vous lancer dans des tableaux croisés dynamiques pour tenter de prouver la rentabilité de vos engagements RSE, observez plutôt l’évolution de votre chiffre d’affaires.

L’exemple

En 2015, Carrefour s’est mis à vendre des bananes dites « bio-équitables ». Vendues par lot de 5 dans un sachet en plastique, ce produit a vite représenté 25 % des ventes de bananes du groupe en France. Malgré ces débuts encourageants, des clients ont fait remarquer à Carrefour que vendre du bio dans du plastique n’était pas très cohérent. En 2019, Carrefour a donc pris un engagement RSE visant à réduire l’usage des emballages en plastique en magasin. Dans le cas des bananes bio équitables, cet engagement s’est traduit par la disparition du sachet en plastique qui fut remplacé par une fine bande élastique - dépourvue de plastique.

Le résultat

La part des bananes bio équitables dans les ventes totales de bananes du groupe Carrefour est passée de 25 % à 33 % suite à la suppression de leur emballage en plastique. En limitant sa consommation de plastique, Carrefour a augmenté d’un tiers les ventes de ses bananes bio équitables.

Baisse des coûts de production

Si la rentabilité de votre politique RSE ne provoque pas une hausse de vos revenus, elle peut se matérialiser par une baisse de vos dépenses.

L’exemple

En plus de fabriquer des présidents (Chirac, Hollande), la Corrèze fabrique aussi des tuiles. Or, pour fabriquer des tuiles, il faut cuire de la terre. Et pour cuire de la terre, il faut un four industriel. Ces fours tournent généralement au gaz, avec des pertes, car une partie de l’énergie qui sort des brûleurs du four s’en échappe aussitôt - sous forme de fumée. En 2019, la tuilerie corrézienne Tegulys a décidé de récupérer la chaleur contenue dans les fumées de son four à gaz. À l’époque, il ne s’agissait pas de moins dépendre du gaz russe, il s’agissait de ne plus laisser cette précieuse chaleur s’évanouir dans l’atmosphère. Avec l’aide de l’entreprise Eco-Tech Ceram, Tegulys a relié la cheminée de son four à des cuves contenant de la céramique. Ces cuves agissent comme des éponges qui stockent la chaleur contenue dans les fumées issues du four. Que devient la chaleur ainsi stockée dans la céramique ? Elle est aspirée et réinjectée dans le circuit pour sécher les tuiles avant que ces dernières ne passent au four.

Le résultat

En passant d’un séchage 100 % gaz à un séchage 0 % gaz, Tegulys a réduit sa consommation de gaz, ce qui lui a permis de réduire ses coûts de production. Mais ce n’est pas tout : comme le séchage des tuiles repose désormais sur de l’air « sec » issu des céramiques, le séchage va plus vite, ce qui a permis à Tegulys de doubler sa production hebdomadaire sans modifier son outil industriel. Avec un système de stockage de la chaleur relativement low tech, Tegulys a augmenté sa production tout en baissant ses charges et ses émissions de CO2 de plus de 100 tonnes par an. Le meilleur dans tout ça ? Tegulys n’a pas eu à avancer un euro pour cet investissement : Eco-Tech Ceram se rémunère sur les économies générées par son système.

Baisse des coûts de financement

Le ROI de vos initiatives RSE peut prendre la forme d’un accès au financement simplifié ou bonifié, ce qui vous confère un avantage capitalistique sur les entreprises ne bénéficiant pas d’un tel traitement.

L’exemple

En 2023, le groupe d’appareillage électrique Legrand a émis des obligations pour un montant de 700 millions d’euros avec une maturité de 6 ans et un coupon de 3,5 %. En français courant, cela signifie que des personnes ont accepté de prêter 700 millions d’euros à Legrand sur 6 ans. En échange, Legrand s’est engagé à leur verser 3,5 % d’intérêt par an (coupon) pendant 6 ans (maturité) avant de les rembourser intégralement (en 2029). La particularité des obligations émises par Legrand tient aux engagements RSE qui y sont liés ainsi qu’aux incitations financières qui en découlent. Legrand s’est fixé deux objectifs RSE d’ici à fin 2024 : réduire les émissions de 250 fournisseurs de 30 % d’ici 2030 par rapport à 2019 (sur les scopes 1, 2 et 3) et porter à 30 % la part des femmes dans les 11 523 positions managériales que compte le groupe français. Si l’entreprise n’atteint pas ses objectifs RSE, elle « paiera plus cher » son financement obligataire, puisque le taux de son coupon pourrait alors atteindre 4 % (contre 3,5 %) sur les 4 dernières années de vie de l’obligation (2025 – 2029). Dit autrement, en émettant des sustainability-linked bonds, Legrand a lié ses engagements RSE à ses conditions de financement.

Le résultat

Le groupe Legrand a levé 700 millions d’euros de dette à 3,50 % en mai 2023. Dans le même temps, les entreprises qui empruntaient auprès de leur banque le faisaient à des taux supérieurs à 4,10 %. Si Legrand tient ses objectifs RSE, le groupe français aura donc bénéficié d’un taux favorable pour se financer.

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Augmentation de la marge

Si le ROI de votre RSE ne se manifeste pas sous la forme de ventes en hausse, il est possible que vous en ressentiez malgré tout les effets sur votre taux de marge, ce qui vous permet de gagner plus sans vendre plus.

L’exemple

L’entreprise américaine Tesla fabrique des voitures électriques depuis 2003. Arrivé 100 ans après Ford dans le monde de la construction automobile, Tesla n’a pas cherché à concurrencer les constructeurs historiques sur le marché traditionnel de la voiture thermique. Au lieu de ça, Tesla s’est orienté dès 2003 vers les véhicules électriques, un marché de niche à l’époque, avec pour objectif d’en faire un marché de masse. Aujourd’hui, la voiture électrique la plus vendue dans le monde est une Tesla (Model Y). Bien que les batteries embarquées dans les Tesla soient lourdes et gourmandes en terres rares, le positionnement à la fois électrique et technologique de l’entreprise texane lui permet d’imposer sa différence dans un monde automobile encore largement dépendant des énergies fossiles.

Le résultat

Sans avoir le volume de vente de Ford, Tesla affiche aujourd’hui une marge opérationnelle deux fois supérieure à celle de Ford. L’entreprise vend aussi des crédits carbone, c’est-à-dire des droits de polluer, aux constructeurs dont les véhicules engendrent des émissions de gaz à effet de serre.

Conclusion

Comme le montrent ces exemples, une démarche RSE génère d'autant plus de valeur qu'elle est ancrée au cœur de votre modèle opérationnel. Contrairement à un simple discours marketing ou une conformité de façade qui peuvent être copiés par n'importe quel acteur de votre secteur, une véritable transformation structurelle crée un avantage concurrentiel durable.  

Mais ces 4 leviers de rentabilité financière ne sont que la face émergée de l'iceberg.

En limitant vos impacts négatifs sur les humains et la planète, vous créez une valeur immatérielle précieuse qui sécurise votre activité à long terme. Réduction de l'exposition aux risques, hausse de la productivité et de l'engagement des talents, amélioration de l'image de marque ou encore renforcement des relations avec vos partenaires : ces bénéfices extra-financiers viennent directement nourrir et décupler vos gains financiers.  

Vous souhaitez transformer définitivement votre démarche RSE en premier moteur de croissance?

 

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