Les décisions d’achats structurent votre chaîne de valeur, orientent vos relations fournisseurs, influencent votre exposition aux risques et traduisent concrètement vos engagements. Elles ne relèvent plus uniquement d’une logique budgétaire : elles conditionnent votre capacité à réduire votre impact, à sécuriser votre activité et à renforcer votre crédibilité.
La fonction achats représente en moyenne 50 % du chiffre d'affaires d'une entreprise et concentre l’essentiel des émissions indirectes de gaz à effet de serre (scope 3), qui pèse fréquemment entre 80 et 90 % de l'empreinte carbone totale. Prioriser les achats dans votre stratégie RSE revient donc à agir là où l’impact est l’un des plus significatifs.
Pour piloter efficacement ce levier, une étape structurante s’impose : mesurer. Le bilan carbone constitue à ce titre un outil fondamental. Il permet d’identifier les sources d’émissions de gaz à effet de serre tout au long de la chaîne de valeur et ainsi de poser les bases d’une stratégie efficace.

Le scope 3 englobe les émissions liées aux biens et services achetés ainsi que celles générées en aval, lors de l’utilisation des produits et des services. En raison de la dispersion des émissions tout au long de la chaîne de valeur, le suivi de la collecte des données du scope 3 constitue un processus complexe. Elles dépendent en effet de nombreux acteurs externes (fournisseurs, partenaires, sous-traitants) souvent situés dans différentes localisations et elles concernent des processus souvent éloignés des opérations quotidiennes de l’entreprise et des équipes internes.
C'est une réalité comparable à un iceberg : la partie visible (scope 1 et 2) semble plus tangible et sous contrôle, tandis que la majeure partie des émissions (scope 3) reste cachée sous la surface. Pourtant, bien qu'il soit souvent moins visible, le scope 3 joue un rôle prépondérant dans l'empreinte carbone globale des entreprises.
A ce propos, Aktio a interrogé Petit Forestier, spécialiste de la location de véhicules industriels, déployant ses activités dans 25 pays. L’implantation internationale et l’hétérogénéité des pratiques fournisseurs rendent la collecte de données fiables sur les émissions indirectes complexe.
Pour y répondre, l’entreprise mise sur la montée en compétences et le dialogue : formation des équipes achats, nomination de référents locaux et diffusion des bonnes pratiques. Elle s’appuie aussi sur une charte des achats responsables, signée par la majorité de ses fournisseurs clés et sur un dispositif d’évaluation intégrant des critères extra-financiers, dans une logique d’accompagnement plutôt que de sanction.
“L'intégration des critères extra-financiers dans l'évaluation des fournisseurs permet d’échanger avec eux sur les bonnes pratiques et ainsi de développer des actions en commun notamment en matière d'économie circulaire, de réduction de consommation d'énergie ou de recyclabilité.” Anne Tran, Directrice achats groupe de Petit Forestier.
La solution adoptée par Petit Forestier démontre qu'il est préférable de ne pas viser la perfection immédiate des données mais de s'engager dans une démarche d'amélioration continue. En privilégiant la transparence et en créant un réseau de fournisseurs engagés, l'entreprise transforme sa chaîne d'approvisionnement en un levier de résilience climatique.
Mesurer ses achats n’est donc pas qu’un simple calcul : c’est un acte stratégique qui doit orienter les choix futurs. L'enjeu est de taille car ce diagnostic permet de mettre en lumière les priorités d’action et de comprendre où se situent les plus grandes sources d'émissions et d’impact. Pour une entreprise, c’est l’occasion d'identifier les opportunités de transformation.
Contrairement aux idées reçues, les achats responsables ne se traduisent pas toujours par un surcoût. En adoptant une approche fondée sur le coût global de possession (Total Cost of Ownership), l’entreprise dépasse la seule logique du coût d’acquisition pour intégrer l’ensemble des impacts associés à un produit ou à un service tout au long de son cycle de vie.
Cette vision permet de révéler des leviers d'optimisation souvent invisibles dans une comptabilité classique, comme par exemple :
Avec cette approche, votre entreprise change profondément la nature de sa fonction achats. Celle-ci ne se limite plus à une logique de réduction des coûts à court terme, mais devient un véritable outil de pilotage stratégique, capable de concilier performance économique, maîtrise des risques et impact environnemental. Les achats responsables s’imposent ainsi comme un facteur clé de résilience, de sécurisation de la chaîne de valeur et de création de valeur durable.
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Dans un contexte où les entreprises sont de plus en plus jugées sur leur impact environnemental et sociétal, les achats responsables deviennent un marqueur fort de crédibilité. Ils constituent un signal concret adressé à vos parties prenantes. Collaborateurs, clients, investisseurs et partenaires attendent désormais des preuves tangibles d’engagement.
Sur le plan de la marque employeur, cette cohérence est déterminante. Les talents recherchent des organisations alignées avec leurs convictions. Repenser votre manière d'acheter contribue à renforcer l’attractivité de votre entreprise, notamment auprès des talents sensibles aux enjeux de durabilité et à la quête de sens dans leur travail.
En 2021, une enquête réalisée par l’institut CSA pour Linkedin et l’ADEME a révélé que 78 % des salariés préfèrent rejoindre une entreprise engagée pour la transition écologique à offres équivalentes. Preuve que les entreprises qui s’engagent séduisent de plus en plus de jeunes actifs !
Sur le plan externe, la transparence devient un avantage compétitif. Publier votre politique d’achats responsables, formaliser une charte fournisseurs, intégrer des critères extra-financiers dans vos processus d’évaluation : autant d’éléments qui transforment votre discours en preuve. Vous ne déclarez plus vos engagements, vous les structurez.
Cette transparence inspire confiance et crée de l’adhésion autour de votre démarche. Elle vous distingue sur un marché où la responsabilité devient un levier de compétitivité. Mettre à disposition sur votre site internet votre politique d'achats responsables, votre charte fournisseurs et votre code de déontologie des achats transforme la parole en preuve. Cela garantit une accessibilité et une référence communes pour toutes vos parties prenantes.
Prioriser vos achats dans votre stratégie RSE n’est pas une option secondaire : c’est un levier stratégique majeur. C’est d’abord agir là où se concentre l’essentiel de votre impact carbone. C’est ensuite renforcer votre compétitivité en adoptant une vision en coût global, en sécurisant votre chaîne de valeur et en anticipant les risques réglementaires. C’est enfin envoyer un signal clair à vos parties prenantes en alignant vos décisions opérationnelles avec vos engagements.
Les entreprises qui placent la fonction achats au cœur de leur stratégie ne se contentent pas de réduire leurs émissions. Elles transforment leur modèle, renforcent leur résilience et consolident leur crédibilité.
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Sources :